Connaissez-vous l'effet Streisand ?
Fin décembre, Rachida Dati démarrait sa campagne pour la mairie de Paris à coups de vidéos virales sur TikTok. Pour appuyer sa promesse de changement et fustiger le bilan de la gauche au pouvoir, la candidate des Républicains à la succession d’Anne Hidalgo n’a pas hésité à enfiler un uniforme d’éboueur ou à filmer à leur insu des usagers de drogue, des sans-abri et des exilés.
Connue pour ses “punchlines incisives” (dixit Quotidien), cette magistrate de formation a été conseillère ministérielle de Nicolas Sarkozy, puis ministre de la Justice, eurodéputée, maire du 7e arrondissement de Paris et ministre de la Culture. Outre ses déclarations outrancières – à l’instar de la “conspiration gay” qu’elle a récemment pointée du doigt –, elle est visée par une douzaine d’affaires, dont des faits présumés de trafic d’influence et de corruption qui l’amèneront au tribunal en septembre 2026.
Il y a plusieurs façons de voir Rachida Dati : ses nombreuses affaires, mais aussi ses mensonges et outrances, et sa vision de l’écologie. En amont des élections municipales, dont le premier tour aura lieu le 15 mars, Bon Pote s’est penché sur les trois.
ATTENTION : lister ses affaires peut vous emmener devant la justice. Ne partagez surtout pas notre article !
Nantes est « une favela », pour Cyril Hanouna. « Peur sur la ville » se lâche Pascal Praud. « Nantes, territoire perdu de la République », ose Valeurs actuelles. Depuis au moins 2022, la ville est visée par une campagne de désinformation. Elle dépeint une métropole sombrant dans la violence à cause de l’immigration et du prétendu laxisme de la municipalité.
Ces affirmations, notre enquête le montre, sont contredites par toutes les statistiques disponibles. D’où vient la peur, si ce n’est pas de faits concrets ?
Notre enquête dévoile comment des acteurs de la désinformation d’extrême droite, soutenus par des responsables politiques de la droite locale, ont martelé des mensonges souvent outranciers (Pascal Praud, fâché de voir une mère Noël féministe installée à Nantes par un artiste, a même affirmé que « le Père Noël est mort à Nantes ») jusqu’à créer un sentiment d’insécurité à Nantes et jusqu’à nuire à la réputation de la ville à l’échelle nationale.
Cette opération a pris la forme d’une campagne de faux militantisme, à savoir la création d’un groupe Facebook prétendument citoyen et féministe servant dans les faits souvent à renforcer un narratif anxiogène et parfois à faire la propagande électorale de la droite locale. Ce groupe Facebook est aujourd’hui modéré par une personne ouvertement islamophobe et animée par une véritable haine des étrangers. De nombreux posts y sont suivis de commentaires racistes.